Sécheresse au jardin : quand la terre a soif, il faut apprendre à retenir l’eau
Cette saison nous l’a rappelé avec une certaine rudesse : au jardin, l’eau est devenue une ressource qu’il faut apprendre à économiser. Après des semaines particulièrement sèches, la pluie fait heureusement son retour et redonne un peu de souffle aux cultures. Mais cette pluie ne doit pas nous faire oublier ce que nous venons d’observer : un jardin peut souffrir longtemps avant que ses plantes ne montrent les premiers signes visibles de stress.
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Bobbie Poplars
8/19/20267 min read


En Wallonie, les épisodes de sécheresse saisonnière font désormais l’objet d’une vigilance particulière. Le Service public de Wallonie souligne notamment que les périodes sèches affectent les sols, les cours d’eau et les cultures, tandis que la capacité du sol à conserver l'eau devient un élément essentiel de l'adaptation.
Pour un potager solidaire comme le Clos du Val, cette question est particulièrement importante. Nous cultivons pour produire, mais aussi pour transmettre. Apprendre à jardiner aujourd'hui, c'est donc aussi apprendre à cultiver avec moins d'eau.
La sécheresse ne signifie pas seulement « il ne pleut pas »
On pourrait penser qu'une sécheresse se résume à une longue absence de pluie. La réalité est plus complexe.
Les plantes perdent continuellement de l'eau par évapotranspiration, tandis que le sol reçoit parfois des précipitations insuffisantes pour compenser ces pertes. Le problème devient particulièrement important au printemps et en été, lorsque les végétaux sont en pleine croissance et que leurs besoins augmentent.
Le portail de l'Agriculture wallonne définit ainsi la sécheresse agricole comme un déficit entre les précipitations et la demande en eau des cultures. La capacité du sol à stocker cette eau joue alors un rôle déterminant.
C'est une distinction essentielle : un jardin bien préparé à la sécheresse n'est pas nécessairement un jardin que l'on arrose beaucoup. C'est un jardin dont le sol sait conserver l'eau.
Première solution : couvrir le sol
Nous avons déjà évoqué dans nos pages l'importance de ne pas laisser un sol nu en hiver. La même logique s'applique en été.
Un sol découvert est exposé directement au soleil, au vent et aux variations de température. Une partie de son humidité disparaît rapidement.
Le paillage constitue donc l'une des solutions les plus simples et les plus efficaces.
Paille, feuilles mortes, broyat de branches, tontes de gazon bien sèches ou certains résidus végétaux peuvent former une couverture protectrice autour des cultures.
Cette couverture :
limite l'évaporation ;
protège le sol des fortes chaleurs ;
réduit les écarts de température ;
limite la concurrence des mauvaises herbes ;
favorise progressivement l'activité biologique du sol ;
contribue à maintenir une meilleure humidité autour des racines.
Le Service public de Wallonie recommande explicitement de couvrir le sol du potager avec de la paille, des tontes, des feuilles ou d'autres matériaux afin de favoriser la rétention de l'eau.
Un sol couvert est un sol qui garde mieux son eau.
Nourrir le sol pour qu'il retienne davantage l'eau
La matière organique est une autre alliée précieuse.
Compost mûr, matières organiques correctement incorporées, résidus végétaux et amendements adaptés permettent d'améliorer progressivement la structure du sol.
Le portail de l'Agriculture wallonne identifie trois grandes stratégies pour améliorer la résistance des cultures à la sécheresse :
favoriser l'infiltration de l'eau ;
limiter son évaporation grâce à une couverture du sol ;
augmenter la capacité de rétention grâce à la matière organique.
C'est une véritable philosophie du jardinage : plutôt que de chercher toujours davantage d'eau, apprenons à mieux utiliser celle qui tombe du ciel.
Récupérer l'eau de pluie : la citerne devient une alliée
Au Clos du Val, comme dans beaucoup de jardins, notre citerne constitue un investissement particulièrement intéressant, nous prévoyons d'ailleurs d'en acquérir une seconde.
L'eau qui tombe sur un toit peut être récupérée, stockée puis utilisée pour arroser les cultures lorsque les précipitations viennent à manquer.
La Wallonie recommande elle-même la récupération des eaux de pluie pour l'arrosage du jardin et rappelle qu'il est préférable d'anticiper les périodes sèches en conservant une réserve disponible.
Mais il faut penser cette réserve avant la sécheresse.
Une citerne vide au mois de juillet ne peut malheureusement pas fabriquer de pluie. Elle doit être remplie pendant les périodes où les précipitations sont suffisantes.
Arroser moins, mais arroser mieux
Lorsque l'arrosage devient nécessaire, quelques principes simples permettent d'éviter le gaspillage.
Il vaut mieux arroser tôt le matin ou en soirée, lorsque l'évaporation est moins importante. Le SPW recommande également des systèmes d'arrosage doux, comme le goutte-à-goutte, qui permettent d'apporter progressivement l'eau au pied des plantes.
Il est également préférable de faire un arrosage suffisamment profond plutôt que de multiplier les petits arrosages superficiels.
Une petite quantité d'eau qui mouille seulement les premiers centimètres du sol peut encourager les racines à rester en surface. À l'inverse, un apport plus profond favorise l'exploration du sol par les racines.
Choisir des plantes adaptées
La lutte contre la sécheresse commence également avant la plantation.
Certaines espèces supportent mieux les périodes sèches que d'autres. Le choix des variétés, la période de plantation et la capacité d'enracinement jouent tous un rôle dans la résistance des cultures au manque d'eau.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il faille transformer notre potager en désert de plantes méditerranéennes !
Il s'agit plutôt de diversifier, d'observer et de sélectionner progressivement les variétés qui réussissent le mieux dans notre sol et notre climat. Nous avons remarquer que certaine variétés de haricots résistent mieux que d'autres.
Le jardin devient alors un formidable laboratoire.
Le sol : notre première réserve d'eau
Il existe une leçon importante derrière ces épisodes de sécheresse : la meilleure réserve d'eau du jardin n'est pas forcément la citerne. C'est aussi le sol.
Un sol vivant, riche en matière organique, bien structuré et protégé par une couverture végétale ou un paillage est capable de mieux recevoir, conserver et redistribuer l'eau.
À l'inverse, un sol tassé peut favoriser le ruissellement. Et lorsque les premières pluies arrivent après une longue période sèche, une pluie intense ne pénètre pas nécessairement correctement dans un sol desséché : une partie peut ruisseler en surface. Le SPW rappelle précisément ce phénomène.
Voilà pourquoi la pluie qui revient aujourd'hui est une excellente nouvelle, mais qu'elle doit être accueillie avec intelligence.
Il ne suffit pas que l'eau tombe. Il faut que la terre puisse la boire.
La pluie revient, mais notre manière de jardiner doit évoluer
Après une saison particulièrement aride, voir la pluie revenir est presque une fête au potager.
Les feuilles se redressent, la terre reprend une couleur plus sombre, les réserves se reconstituent doucement. Pourtant, nous ne devons pas considérer cet épisode comme une simple parenthèse météorologique.
Les données wallonnes montrent que les bilans hydriques printaniers et estivaux négatifs sont devenus plus fréquents et plus importants au cours des dernières décennies, avec une tendance à la diminution du bilan hydrique dans certaines régions.
Cela nous oblige à réfléchir autrement.
Le jardin de demain sera probablement un jardin où l'on :
couvre davantage,
stocke davantage,
observe davantage,
arrose moins, et où l'on travaille davantage avec le sol plutôt que contre lui.
Au Clos du Val, chaque difficulté devient un apprentissage. Notre jardin solidaire est aussi un lieu d'expérimentation.
Une année sèche nous apprend quelles plantes résistent. Une plante qui souffre nous oblige à réfléchir à son emplacement. Une terre qui se dessèche trop rapidement nous invite à améliorer sa structure. Une citerne vide nous rappelle l'importance de récupérer l'eau lorsqu'elle est disponible.
Et lorsque la pluie revient, nous pouvons nous réjouir, mais aussi préparer la prochaine saison.
Car finalement, jardiner, c'est accepter que l'on ne maîtrise jamais complètement la nature. On apprend à l'observer, à l'accompagner et à s'adapter.
Notre devise prend ici tout son sens :
« Chaque jour, nous nous améliorons un peu plus. »
Cette année sèche nous aura peut-être coûté quelques récoltes, quelques arrosoirs supplémentaires et quelques inquiétudes. Mais elle nous aura aussi enseigné quelque chose de précieux : l'eau mérite notre respect, et le sol mérite notre attention.
La pluie est revenue. À nous maintenant de savoir la retenir.
Références et bibliographie
Service public de Wallonie, Le risque de sécheresse : s'informer et se préparer, Wallonie.be.
Portail de l'Agriculture wallonne, Comprendre le changement climatique et la sécheresse, SPW Agriculture.
Service public de Wallonie, Sécheresse en Wallonie : des impacts déjà bien visibles, 30 juillet 2026.
Service public de Wallonie, Sécheresse en Wallonie : les niveaux d'eau continuent de baisser, 6 août 2026.
État de l'environnement wallon, Érosion hydrique des sols : prévention et protection des sols.
État de l'environnement wallon, Les sols et les changements climatiques.
Service public de Wallonie, Irrigation : la situation en Wallonie, Portail de l'Agriculture wallonne.








Le clos du val
Jardin solidaire
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Dimanche:
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