La rentrée au jardin : septembre, entre récoltes et préparation de l'automne

Septembre possède une atmosphère particulière au potager. Les journées raccourcissent, les matinées deviennent plus fraîches et, pourtant, l'été n'a pas encore complètement quitté le jardin. Les tomates continuent de mûrir, les courges grossissent encore, les haricots donnent leurs dernières récoltes et les fleurs nourrissent les derniers insectes de la belle saison. C'est aussi le moment où le jardinier comprend que le temps change de rythme.

Bobbie Poplars

9/17/20268 min read

Après les longues semaines de sécheresse que nous avons connues cette année, le retour des pluies est accueilli avec soulagement. En Wallonie, l'été 2026 a effectivement été marqué par une sécheresse prolongée et des températures élevées, au point que des adaptations exceptionnelles ont été prises pour certaines pratiques agricoles.

Au Clos du Val, septembre devient donc un mois de transition : récolter ce que la terre nous offre encore, réparer ce que la sécheresse a éprouvé et préparer le jardin à traverser l'hiver.

Récolter avant que l'automne ne s'installe

La première mission de septembre reste la récolte.

Les tomates doivent être surveillées régulièrement. Les courgettes oubliées deviennent rapidement énormes, les haricots doivent être cueillis avant que leurs gousses ne deviennent trop fibreuses et les courges poursuivent leur maturation.

Les récoltes ne doivent cependant pas être considérées uniquement comme l'aboutissement du travail accompli depuis le printemps. Elles constituent aussi le début d'un nouveau cycle.

Une partie peut être consommée fraîche, une autre transformée en soupes, conserves ou préparations destinées aux activités du jardin. Les plus belles graines pourront également être conservées lorsque les variétés s'y prêtent et que leur reproduction est maîtrisée.

Au jardin solidaire, la récolte prend une dimension supplémentaire : elle devient un moment de partage.

Un panier de légumes n'est pas seulement constitué de nourriture. Il contient aussi des heures de travail, de l'apprentissage, de l'entraide et une petite histoire collective.

Que peut-on encore semer en septembre ?

Septembre n'est certainement pas le mois où l'on range définitivement les sachets de graines.

Le sol conserve encore une partie de la chaleur accumulée durant l'été, ce qui peut favoriser la germination. Plusieurs légumes peuvent encore être semés ou installés selon les conditions locales : mâche, épinards, radis, certaines laitues et autres cultures adaptées à la saison.

Les possibilités dépendent cependant fortement de la météo, de l'exposition et de la nature du sol. Cette année, la sécheresse doit particulièrement inciter à attendre une humidification suffisante du terrain avant de semer.

La terre sèche n'est pas une terre prête à recevoir une graine simplement parce que le calendrier indique septembre.

Le jardinier doit regarder le ciel autant que le calendrier

Préparer déjà les cultures d'automne et d'hiver

Septembre est également un mois de préparation.

Certaines plantations automnales, notamment celles qui concernent les arbres, arbustes et certaines vivaces, peuvent être envisagées lorsque les conditions deviennent favorables.

Le principe est simple : profiter de la période où le sol reste relativement doux tout en bénéficiant progressivement de l'humidité automnale.

La plantation doit toutefois être évitée dans une terre détrempée, gelée ou lorsque les conditions ne permettent pas un bon enracinement. Les prescriptions techniques wallonnes concernant les plantations indiquent d'ailleurs une période générale de plantation allant de la mi-septembre à la mi-mai, hors conditions défavorables.

Ne pas laisser le sol nu

Voici probablement l'un des travaux les plus importants de cette rentrée au jardin.

Après une récolte, la tentation pourrait être de nettoyer complètement la parcelle et de laisser la terre nue jusqu'au printemps.

Pourtant, un sol nu est un sol exposé.

La pluie peut provoquer du ruissellement et de l'érosion, le vent emporter les particules les plus fines et les alternances de sécheresse et d'humidité peuvent dégrader progressivement sa structure.

C'est pourquoi la couverture du sol constitue un principe important de la gestion des terres.

Au niveau agricole wallon, les règles relatives à la couverture des sols ont d'ailleurs été renforcées en 2026. Elles reconnaissent notamment comme couvertures les résidus de culture, certaines repousses, les intercultures et les cultures secondaires.

Dans notre potager, nous pouvons appliquer cette philosophie à notre échelle :

pailler, couvrir, semer, laisser certains résidus végétaux sur place lorsque cela est approprié.

Le jardin ne doit pas être parfaitement propre. Il doit être vivant.

Semer des engrais verts

Lorsqu'une parcelle ne sera plus cultivée avant le printemps, les engrais verts constituent une solution particulièrement intéressante.

Moutarde, phacélie, trèfle, vesce, avoine ou certaines autres plantes peuvent être utilisées selon l'objectif recherché et les contraintes de la parcelle. Nous avons choisi de semer un mélange de seigle et de vesce ce qui aura l'avantage d'amender le sol lors du labour de printemps.

Ces plantes permettent notamment de maintenir une couverture végétale, de protéger le sol et, selon les espèces utilisées, de contribuer à améliorer sa structure et sa fertilité.

En Wallonie, les cultures intermédiaires et les couverts végétaux occupent une place croissante dans les pratiques visant à protéger les sols. Le portail de l'Agriculture wallonne recommande notamment les intercultures pour mieux gérer les conséquences des épisodes de sécheresse et maintenir une couverture du sol.

Pour le Clos du Val, cette pratique prend encore plus de sens : notre jardin se trouve sur un terrain anciennement industriel et nous accordons une attention particulière à la qualité et à la protection du sol.

Commencer à préparer le compost

Septembre est aussi le moment idéal pour observer le compost.

Les déchets végétaux issus des dernières récoltes peuvent alimenter le composteur : feuilles saines, tailles tendres, fanes et autres matières organiques appropriées.

Le compost n'est pas simplement un endroit où déposer les déchets du jardin.

C'est une petite usine biologique.

Les micro-organismes, champignons, bactéries et petits organismes du sol transforment progressivement cette matière morte en une matière organique stable qui pourra retourner à la terre.

Ainsi, le jardin produit une partie de ce dont il aura besoin demain.

La feuille qui tombe aujourd'hui peut devenir la nourriture d'une plante dans quelques mois.

Observer les plantes qui ont résisté à la sécheresse

Cette année particulière nous donne également une occasion précieuse : observer.

Quelles variétés ont bien résisté ?

Lesquelles ont souffert rapidement ?

Quels endroits du jardin ont conservé leur humidité ?

Certaines plantes ont-elles mieux supporté la chaleur que d'autres ?

Ces observations, consignées dans notre journal de bord, nous ont déjà appris que certaines variété de haricots ont très bien résistés à la sécheresse et à la chaleur.

Le jardinier ne doit pas seulement travailler avec ses mains. Il travaille également avec sa mémoire et son carnet de bord.

Chaque année devient alors une expérience qui nourrit la suivante.

C'est particulièrement important dans un jardin solidaire : les connaissances acquises par un participant peuvent devenir le patrimoine collectif du jardin.

Penser déjà à la biodiversité hivernale

Septembre est également le moment de préparer l'accueil des animaux pour les mois froids.

Il n'est pas nécessaire de tout couper.

Quelques fleurs fanées peuvent encore fournir des graines aux oiseaux. Certaines tiges creuses peuvent servir d'abri à des insectes. Un petit tas de bois ou de feuilles peut constituer un refuge.

Le jardin d'automne n'a donc pas besoin d'être impeccable.

Il peut être légèrement sauvage.

Cette apparente négligence est parfois une véritable richesse écologique.

Et puisque la pluie revient...

Après une saison particulièrement sèche, le retour des précipitations est évidemment une bonne nouvelle.

Il faut donc profiter de cette période pour améliorer notre capacité à retenir l'eau.

Vérifier les récupérateurs d'eau de pluie, nettoyer les gouttières, contrôler les systèmes d'arrosage, pailler les cultures et améliorer progressivement la matière organique du sol sont autant de petits travaux qui permettront de mieux affronter la prochaine période sèche.

La pluie ne doit pas seulement être accueillie lorsqu'elle tombe, elle doit être conservée lorsque cela est possible. Nous envisageons l'achat de deux citernes supplémentaires afin de nous garantir une certaine autonomie.

Faire le bilan de la saison

Enfin, septembre est un excellent moment pour prendre le temps de regarder derrière soi.

Qu'avons-nous réussi ?

Quelles cultures ont été généreuses ?

Quels semis ont échoué ?

Quels parasites avons-nous rencontrés ?

Comment le clos a-t-il réagi à la sécheresse ?

Quels travaux devrons-nous modifier l'année prochaine ?

Un jardin solidaire est aussi une école permanente.

Il n'existe pas de saison parfaite, pas plus qu'il n'existe de jardin parfait. Il y a seulement des expériences dont nous pouvons tirer des enseignements.

Cette année nous aura appris la patience, l'importance de l'eau et la fragilité de certaines cultures. Mais elle nous aura aussi montré la capacité extraordinaire du vivant à repartir dès que les conditions redeviennent favorables.

La rentrée du jardin

Septembre n'est donc pas la fin du jardinage.

C'est le commencement discret d'une nouvelle saison.

Pendant que nous récoltons les dernières tomates et les courges, nous préparons déjà les semis d'automne. Pendant que nous nettoyons certaines parcelles, nous en couvrons d'autres. Pendant que les fleurs disparaissent, nous pensons aux oiseaux qui auront besoin de graines.

Le jardin ne s'arrête jamais vraiment.

Il change simplement de langage.

Et au Clos du Val, nous continuerons d'apprendre à l'écouter.

«Chaque jour, je m'améliore un peu plus. »

En septembre, cette devise prend tout son sens : nous ne cherchons pas à faire du jardin un endroit parfait. Nous cherchons à faire de chaque saison une leçon qui nous permettra de mieux prendre soin de la terre lors de la suivante.

Cette année 2026 mérite d'être particulièrement documentée dans votre journal de bord du jardin : date du retour des pluies, état du sol après la sécheresse, cultures ayant résisté, cultures ayant souffert, quantité récoltée et nouvelles méthodes testées.

Dans quelques années, ces observations constitueront une véritable mémoire climatique et horticole du Clos du Val. Ce que nous considérons aujourd'hui comme une difficulté deviendra peut-être demain une précieuse source d'enseignement pour les jardiniers qui nous succéderont.

Références et bibliographie

  • Service public de Wallonie – Agriculture, Comprendre le changement climatique et la sécheresse, Portail de l'Agriculture wallonne.

  • Service public de Wallonie – Agriculture, Sécheresse 2026 : des dérogations exceptionnelles au niveau du PGDA, 15 septembre 2026.

  • Service public de Wallonie – Agriculture, Sécheresse : dérogations BCAE 6, septembre 2026.

  • Service public de Wallonie – Agriculture, BCAE 6 : couverture des sols minimale en vue d'éviter les sols nus dans les périodes les plus sensibles.

  • Service public de Wallonie – Environnement, Code de l'eau coordonné, dispositions relatives aux cultures intermédiaires et à la couverture des sols.

  • Jardiner Autrement, Société Nationale d'Horticulture de France, ressources consacrées au jardinage respectueux du sol et de la biodiversité.

  • INRAE, ressources consacrées aux sols, à la matière organique et à l'agroécologie.

  • Promesse de Fleurs, Le calendrier du potager – Septembre, septembre 2026, pour les travaux saisonniers de semis, plantations et récoltes.


Le clos du val

Jardin solidaire

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Dimanche:
9h30 à 13h00

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